 | A l'origine, les turcs sont un peuple nomade qui se déplacent petit à petit vers l'ouest tout en vivant dans leurs tentes «les yourtes». Un type d'architecture rural et mobile sont les «kargis», petites structures légères dérivées des «Otag » (grande tente ottomane), habitées par les nomades des plateaux du sud ouest de la Turquie. En Turquie, la vie est tournée vers l'intérieur, on se protège beaucoup par rapport à l'extérieur: l'habitation est un lieu très important. A l'époque des Seldjoukides, les maisons étaient en hauteur par rapport à la plaine et dos à la montagne pour se protéger des ennemis. Dans les villages les maisons sont souvent en pisé (mélange de boue et de paille surtout en Anatolie et au sud est de la Turquie), en pierre ou en bois et ont un étage. En ville les maisons ont un rez de chaussée en pierre et le reste de la maison est en bois, souvent à 2 ou 3 étages (exemples à Bursa et Safranbolu) pour gagner de l'espace. De nombreuses avancées sont créées facilitant les relations humaines. Ce qui caractérise l'architecture turque sont les «sofa» généralement couverts?(ou ouverts «hayat», parfois sur un jardin): c'est un espace central à partir duquel se compose la maison, où se développe la vie familiale, comme un patio (exemples en Anatolie et sur le Bosphore). Là encore la vie est centrée à l'intérieure de l'habitation. | 
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Au XIIe siècle, des caravansérails (hôtels pour voyageurs) sont construits sur la «route de la soie» qui passe par l'Anatolie pour les commerçants qui voyagent entre la Chine et l'Europe. Le caravansérail est composé d'une grande cour, d'une partie fermée et de souks.
A l'époque ottomane, lorsque Mehmet II le Conquérant conquiert Constantinople, il transforme les églises chrétiennes byzantines en mosquées comme Sainte Sophie à laquelle il ajoute 4 minarets. Au lieu de détruire les fresques religieuses chrétiennes, il les a fait plâtrer pour les conserver. Après la fondation de la République Turque en 1923, on a enlevé ces plâtres et toutes les églises ou mosquées qui en possédaient sont devenus des musées.

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| Le développement du concept de grand espace couvert est vraiment porté à la perfection par les Ottomans et surtout par l'architecte Minar Sinan. Minar Sinan construit de nombreuses mosquées en l'honneur du sultan Soleyman II le Magnifique au XVIe siècle: Selimiye à Edirne (capitale de l'empire ottoman avant Istanbul), à Istanbul (la Mosquée Sehzade Mehmet, Rustem Pasa)...Au fur et à mesure, grâce à un jeu de contre-coupoles de plus en plus sophistiquées, il réussit l'exploit d'un espace intérieur très lumineux en faisant de plus en plus reculer les colonnes vers la périphérie. Les mosquées ont des fonctions d'éducation, de santé et parfois d'hébergement pour les pauvres. Sinan effectue plus de 350 constructions dont 84 mosquées, 52 mescit» (petites mosquées sans minaret), 57 «medrese», 7 écoles et «darülkurra (école pour les récits de Coran), 22 mausolées, 17 «imaret» (hospices), 3 hôpitaux, 7 aqueducs, 8 ponts, 20 caravansérails, 35 palais et manoirs, 6 caves et magasins et 48 bains publics. Des marchés fermés de culture islamique sont aussi un des archétypes importants de l'architecture traditionnelle, ce sont les «bedestenes», construction en pierre avec des arcs. Le «grand bazar» d'Istanbul est un bon exemple de cette architecture?et depuis 500 ans, il a gardé toute son authenticité. |
Des palais se multiplient comme le palais de Topkapi où de nombreuses fontaines en marbre sont ornées de volutes et de niches: l'amour des Turcs pour l'eau amenait en effet les sultans, les princes et les dignitaires à édifier de nombreuses fontaines pour se rallier les faveurs du peuple. Ils construisaient aussi des fontaines en l'honneur de leur épouse. Les fontaines sont nombreuses en Turquie comme à Istanbul, en Anatolie à Erzurum, à Antalya...
Des aqueducs, des ponts se développent, des mausolées... A partir du XVe siècle et surtout au XVIIe siècle, apparaissent au bord du Bosphore les «Yali» ; au centre des villes des grandes demeures en bois appelées «Kösk» (les plus grandes sont les «konak») et des plus petites «Ahsap ev». Les Yali sont de majestueuses demeures, reflet de tout l'artisanat ottoman et du savoir faire des différentes communautés de l'Empire. Ce sont les maisons d'été des sultans et de l'élite de la société ottomane. Les murs sont peints en rouge imitant la terre cuite (le rose Ottoman), avec de nombreux encorbellements et l'intérieur est richement orné avec de belles fontaines et des peintures murales à motifs floraux. Quelque soit le style d'habitation, les intérieurs sont de plus en plus riches et ornés par rapport à l'extérieur. | 
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