Les arts décoratifs

La céramique et la poterie

Des fours fonctionnent dès le XIIe siècle à Sivas puis à Konya (capitale de la dynastie Seldjoukide de Roum) et permettent la création de céramiques. A l'époque ottomane au XVe siècle et surtout au XVIe siècle, de nombreuses céramiques et poteries sont créées: les céramiques d'Iznik. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle apparaissent les céramiques de Çanakkale et au XVIIIe siècle celles de Kütahya.

Les céramiques d'Iznik sont des céramiques siliceuses peintes à la main, «recouvertes d'un engobe blanc également siliceux sur lequel est peint un décor. Une couche vitreuse recouvre l'ensemble. La première production d'Iznik possède un décor bleu et blanc puis la polychromie s'installe par étapes: turquoise, vert, tilleul, mauve. En 1555 apparaît le fameux rouge d'Iznik, en léger relief avec principalement des décorations florales.» (Laure Soustiel et Marie-Christine David). Le motif de la tulipe, caractéristique des ottomans, est souvent représenté, particulièrement sous Ahmed III au XVIIIe siècle. Les céramiques d'Iznik sont très lumineuses et éclatantes.

On trouve des céramiques dans les mosquées (par exemple la Mosquée bleue et Rustem Pasa à Istanbul, Mosquée d'Izmit...) et sur les murs et le sol des palais ottomans comme dans le palais de Topkapi, enfin dans les salles de bain et sur les tasses, vases, plats, pichets...

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, les céramiques de Çanakkale plus populaires en terre rouge émaillée apparaissent. Au XVIIIe siècle, les céramiques de Kütahya sont des céramiques siliceuses où le jaune apparaît. Ce sont des céramiques très fines qui ressemblent à de la porcelaine.

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mosaique


«Le décor de ces céramiques est très stylisé: nuages et vagues d'origine chinoise, «chintamani» (3 perles ou «yeux» concentriques), lèvres de Bouddha (vagues sinueuses) ou surtout le très fameux motif des quatre fleurs» : oeillet, tulipe (symbole du sultanat), églantine, jacinthe» (Laure Soustiel et Marie-Christine David).

Le centre très ancien de la poterie est Avanos en Cappadoce (à l'époque des hittites en 2000 av. J.C). Les poteries sont en terre glaise, en argile rouge. Cette terre vient du fleuve Kizilirmak (fleuve rouge) et est mélangée à du sable. Ensuite elle est cuite dans le four traditionnel, le four «banal». La poterie peut rester à l'état brut ou être polie à l'aide d'oxyde de fer ou d'une pierre lisse. La production de poterie était importante sous les Seldjoukides puis sous les Ottomans.


nacre

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Le mobilier

En ébénisterie, pour orner les meubles et les éléments architecturaux en bois, les turcs utilisent la nacre, l'ivoire, l'écaille et l'os. «Ils tirent un grand profit de ces matériaux «incrustés» pour décorer, et enrichir les ouvrages en bois tels que pupitres de Coran, chaires à prêcher, écritoires portatifs, plumiers, coffrets, miroirs, berceaux, vantaux de portes, armoires, volets, etc... Cet art appelé «Sedefçi» est très en vogue du XVIe au XVIIIe siècle. Le trône du sultan Ahmed Ier (1603-1617), conservé au Palais de Topkapi, tout incrusté de nacre et d'écaille associées aux pierres précieuses, demeure l'un des plus parfaits exemples de cette technique» (Laure Soustiel et Marie Christine David).




L'art du métal: le bronze, le cuivre, l'orfèvrerie

- Le bronze: Les bronziers ottomans réalisent d'impressionnants chandeliers en bronze, et sont parfois fondus à l'usage des grandes mosquées.

- Le cuivre : Dès l'âge du bronze (3000 av.J.C), des plaques de cuivre sont utilisées pour fabriquer des bols, des assiettes... Le peuple le plus doué était les Ourartéens» en Anatolie (2000 av. J.C.). Plus tard c'est surtout vers l'art du cuivre repoussé et ciselé que les Ottomans se portent avec prédilection. Le cuivre est parfois frappé au marteau comme à Gaziantep au sud de la Turquie. Les objets en cuivre sont étamés (en étain) ou dorés au mercure, c'est la technique du «tombak». «On connaît quantité d'objets aux formes les plus diverses : chandeliers, narguilés, aiguières, cafetières, lanternes, armes, harnachement...» (Laure Soustiel et Marie Christine David)

- L'orfèvrerie : L'orfèvrerie ottomane est riche et variée : miroirs au riche décor floral repoussé, les «zarfs» (porte-tasses à café), les coffrets à bijoux souvent surmontés de feuilles ou d'oiseaux, les encriers...

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metal



La verrerie

«Du XVIe au XVIIIe siècle, la Turquie importe d'innombrables verreries de Venise, de Bohême et de Saxe. C'est à la fin du XVIIIe siècle que se développe une véritable production locale dans le village de Beykoz sur la rive asiatique du Bosphore. Il s'agit surtout de cristaux taillés et dorés, ou d'opalines blanc et bleu opaque peints à la main: vases, confituriers, aiguières, flacons à eau de rose, rehaussés d'émaux peints très caractéristiques. Un village voisin de Beykoz est connu pour ses bouteilles de couleur et ses cannes dites «çesmibülbul» (yeux de Rossignol»), en verre filigrané à décor de spirales blanches.» (Laure Soustiel et Marie Christine David).