Les kilims et tapis noués

Les kilims

Les premiers kilims (tapis tissés) sont découverts en Anatolie au néolithique près du site de Konya. A l'origine le kilim sert de couverture et à protéger le sol des mosquées et des yourtes. Les kilims sont réalisés dans les villages ou chez les nomades. Ils ont un usage domestique, les femmes les utilisent aussi comme dot pour leur mariage, comme cadeaux...Le tissage est constitué de chaînes (fils verticaux) et de trames (fils horizontaux) et a traversé

toutes les civilisations anatoliennes. Les kilims sont plus nombreux en Turquie par rapport aux tapis (aux points noués), caractéristiques d'un art citadin. Ils n'ont jamais été dénaturés au cours des siècles par les commandes des marchands à la différence des tapis noués. Les kilims étaient transmis de génération en génération c'est la raison pour laquelle les motifs sont très purs et authentiques. Ils sont en laine de mouton ou de chèvre, en poil de chèvre ou de chameau et très rarement en coton.

Les kilims ont des motifs géométriques, abstraits, très fournis et colorés. Des symboles viennent du néolithique: pour se protéger du «mauvais oeil» (de la peur, de la jalousie des autres), on retrouve le thème de la protection, de la fécondité et de la fertilité de la nature. Chaque motif a un sens et chaque région, chaque tribu, possède son type de kilim: la teinture est soit végétale soit minérale (par exemple les racines de Garance permettent d'obtenir du rouge). Certains kilims sont des tapis de prières.

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Les tapis noués

Les tapis noués apparaissent au XVIe siècle et sont destinés aux mosquées impériales. Ce sont les tapis de cour en lin ou en soie où les «quatre fleurs» sont souvent présentes. Les tapis sont noués au point turc (noeud ghiordès) et sont réalisés sur commande, à partir de cartons à dessin. «Les tapis sont reconnaissables à leur décor et baptisés du nom des villes où ils sont fabriqués. Les anciens tapis à décor géométrique sont caractérisés par des coloris très francs: tapis Konieh et Ouchak avec un grand médaillon central par exemple; ou tapis Bergame, de plus petites dimensions. Mais ce sont surtout les tapis de prières – ceux qui présentent au centre une grande «niche» (mihrab) – qui ont fait la renommée des tapis d'Asie Mineure. C'était la principale production de l'industrie domestique turque, mis à part l'incomparable série de tapis de Brousse fabriqués pour la cour au XVIe siècle, en soie, ceints de cartouches coraniques calligraphiés et très rares. A partir de la fin du XVIe siècle, parmi les tapis de prière les plus connus, apparaissent les élégants Ghiordès, les plus fins aux teintes harmonieuses, puis les Ladik reconnaissables à leur

«mihrab» de tonalité très soutenue (rouge vif, bleu turquoise, jaune topaze), accompagné de fleurs dans des petits médaillons. Enfin, les tapis Koula aux mihrabs souvent plus originaux, en forme de têtes enturbannées (kafali) ou le plus souvent agrémentés de cyprès, de turbés, voire parsemés de fleurons, de branches verticales garnies de feuilles ou d'inscriptions.» (Laure Soustiel et Marie Christine David).


Photos : © Valérie Cuscito