Papier marbré & Peinture sous verre

Le papier marbré

Le papier marbré «ebru» signifie nuage en persan. L'oeuvre est créée sur l'eau, les couleurs sont projetées dans un bassin.?Les couleurs sont des piments de terre, broyées longuement avec de l'eau sur une plaque de marbre. On malaxe pendant des jours avec de l'eau de source et le «kitré» (copeaux de résine d'un arbuste) pour obtenir la consistance voulue du bain. On projette les couleurs à la surface de l'eau puis on les travaille avec des aiguilles et des peignes. Enfin, on dépose à la surface le papier réceptacle de l'oeuvre accomplie. Aucune oeuvre n'est identique. Les motifs représentés sur le papier marbré sont souvent des fleurs et des calligraphies.

L'origine de cet art est très ancienne. En Turquie ottomane, dès le XVe siècle, on développa l'art du papier marbré, venu d'Asie par la Perse. Sebek Mehmet Efendi est le 1er marbreur sortant de l'anonymat.

Le papier marbré est utilisé dans l'art du livre, dans les albums de calligraphies ou de miniatures et aussi pour la reliure. En Turquie cet art est enseigné par les derviches (c'est un art sacré) puis dans les «medrese» (collège de théologie: immenses complexes architecturaux en pierre, écoles et universités équipée de dortoirs, de restaurants, de salons de cour...).

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La peinture sous verre

Elle s'effectue sur une plaque de verre au revers de laquelle le travail de la décoration est exécuté. C'est le procédé de la peinture à froid. Il n'y a aucune préparation compliquée ni de cuisson. Le verre possède une double fonction de support et de couche protectrice pour la peinture. L'exécution de ces peintures est une opération délicate. L'artiste doit en effet tenir compte de ce que la composition peinte au verso de la plaque de verre apparaîtra inversée, de sorte que les rappels de tons et les retouches ne sont pas possibles.

Les origines de la peinture sous verre viennent d'Asie centrale. Il s'agit d'un art destiné au peuple et fait par le peuple qui s'est servi de son propre langage, de ses symboles et de ses codes artistiques. Les peintures sous verre sont accrochées en de nombreux lieux: les petites mosquées, les couvents des derviches tourneurs, les mausolées des saints ou des souverains, mais aussi dans les cafés et boutiques de barbier, les confiseries, boucheries et habitations.

Les thèmes sont surtout religieux. Ce sont des versets coraniques, des sentences religieuses, des maximes, des noms de Dieu, de Mahomet, d'Ali et aussi ceux des grands chefs Mevlevis, Bektasis ou Naksibendis. Dans les calligraphies pictographiques, les lettres représentent des mosquées, des barques, des oiseaux, des vases, des aiguières (sorte de cruche ou de jarre au bec fin pour faire des ablutions). Les artistes peignent aussi les vues de Médine, de la Mecque, le chemin de fer de Hidjaz, les bateaux célèbres, les armoiries, les contes et les légendes populaires, les combats héroïques.

On parle réellement de peinture sur toile en 1453, lorsque Mehmet II le Conquérant fait venir des peintres occidentaux pour réaliser son portrait, notamment par le peintre italien Bellini.