 | LA PHOTOGRAPHIE Goskin Sipahioglu créa l'agence SIPA Press en 1969, 1ère agence de photoreportage du monde. Ce fut un très grand photographe et un grand journaliste, cumulant les fonctions de directeur et de rédacteur en chef. Directeur du quotidien politique « Vatan », il fut le 1er en Turquie à étaler des photos en double page. Aujourd'hui l'agence SIPA est la 2e agence dans le monde après SYGMA. Ara Güler a beaucoup photographié Istanbul et la Turquie. Il a aussi photographié les plus grands artistes : Picasso, Salvador Dali, Ismet Inonu... Ara Güler est un véritable journaliste, explorateur, il a photographié le monde entier : l'Iran, le Kenya, le Kazakhstan, la Nouvelle Guinée, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, Bornéo... Il possède environ 800 000 négatifs... Puis son travail a fait l'objet de nombreuses expositions, il a reçu de nombreux prix. En 1968, ses photographies étaient sur l'affiche de l'exposition d'art moderne à New York. Ses photographies ont illustré de nombreux livres. Selon Ara Güler « la photographie est vraie. Elle capture une facette de nos vies. Une bonne photographie doit avoir quelque chose à dire. Quand une photographie procure une émotion, une pensée, alors c'est une vraie photographie ». Ermet Ertug travaille avec des appareils 20/25 (grands appareils, technologie incroyable). Il a exposé dans les jardins des Tuileries à Paris, à New York... Erhan Sevenler, de l'agence Anatolie, a été le lauréat du 3e prix Bendrihem en avril 2004 (décerné à Rome par un jury italien) avec un cliché montrant une chute de cheval du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan pendant l'inauguration d'un parc public à Istanbul en juillet 2003... | 
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LE CINÉMA En 1923, Atatürk parle du cinéma comme d'« une telle invention qu'un jour viendra où on constatera qu'il aura changé le visage du monde bien plus que l'invention de la poudre et de l'électricité ou de la découverte de nouveaux continents. Le cinéma permettra aux gens qui vivent dans les coins les plus reculés du monde de se connaître et de s'aimer les uns les autres ». L'explosion du cinéma turc se produit dans les années 80. Avec « Le Troupeau » réalisé par Serif Gören en 1978 sur un scénario de Yilmaz Güney et « Yol » ( La Voie) réalisé par Zeki Okten sur un scénario du même Yilmaz Güney qui a reçu la palme d'or au Festival de Cannes en 1982, le public européen a commencé à découvrir un véritable cinéma turc. Des écoles de cinéma s'ouvrent. De jeunes auteurs réalisent par leur propre moyen des films grand public et de qualité : Yesim Ustaoglu, Reha Erden, Canangerede, Mustafa Altioklar... Bien que traversant une grave crise économique, la production cinématographique turque n'en demeure pas moins une cinématographie riche et diversifiée. Face à l'hégémonie des productions hollywoodiennes, elle tente de survivre notamment grâce aux fonds Eurimage du Conseil de l'Europe. Le cinéma d'auteur, soutenu par une cinéphilie toujours vaillante et par une vitalité critique, se retrouve chaque année avec les plus grands succès populaires au sein du festival international du film d'Istanbul (qui existe depuis 20 ans). En effet, Istanbul est le révélateur d'un nouveau cinéma turc. Tandis que le film « Uzak » de Nuri Bilge Ceylan a été triomphalement célébré en 2003 en remportant le Grand Prix du Festival de Cannes, le 23e Festival international du film d'Istanbul a reçu plus de 90 000 spectateurs du 10 au 25 avril. La fréquentation se maintient avec 25 millions de spectateurs annuels, et 6 productions turques ont enregistré de 1 à 3 millions d'entrées. Le Festival dirigé par Hülya Uçansu a révélé, parmi plus de 200 films, des oeuvres qui nous plongent au coeur de l'histoire nationale. Prix spécial du jury « En attendant les nuages » de Yesim Ustaoglu. Prix du meilleur réalisateur turc « La salle d'attente » de Zeki Demirkubuz, un autodidacte. Prix du meilleur film turc « Navires de pastèques » d'Ahmet Uluçay, encore un autodidacte. Le 13 mars 2004 à Paris les 15 ans du cinéma turc a permis aux cinéphiles parisiens de découvrir de jeunes auteurs turcs, et des films grands publics: « Rencontre » de Ömer Kavur, « Uzak » de Nuri Bilge Ceylan, « Histoires d'obstination » de Reis Çelik... Parmi les cinéastes d'aujourd'hui : Basar Sabuncu, Omer Kavur (auteur d'une dizaine de films), Yavuz Ozkan, Omer Zülfü Livanelli (surtout connu comme compositeur), Ferzan Ezpetek qui a eu un prix en Italie en 1998 pour son film « Hamam », Ali Ozgenturk, grand metteur en scène engagé, Fehmi Yasar, nouveau venu qui a fait quelque bruit avec son 1er film salué pour sa modernité (« Coeur de verre » en 1990), Canan Gerede (« Robert's Movie »), Ilmaz Aslan Fatih Akin qui a reçu l'Ours d'Or à Berlin en 2004 pour son film « Contre le mur »... Deux cinéastes sont l'emblème du cinéma turc contemporain : Nuri Bilge Ceylan et Zeki Demirkubuz.

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Nuri Bilge Ceylan Nuri Bilge Ceylan est le réalisateur, le producteur, scénariste, cadreur, chef opérateur et monteur de «Usak» («lointain» Grand Prix au Festival de Cannes 2003). « Je fais le cadre et la lumière moi-même. Cela va très vite car je suis photographe de formation si bien que je passe le plus clair de mon temps avec les acteurs ». Ce qui séduit dans «Uzak», tient à une légèreté, qui repose sur la qualité de détails délestés de toute scénarisation excessive. « Je ne crois pas beaucoup aux dialogues entre les gens, ce ne sont pas eux qui me donnent des informations sur la personne. La réalité est ailleurs ». De la photographie, son ancien métier, Nuri Belge Ceylan a conservé le goût de l'expérience solitaire « En tournant un film, j'ai envie de retrouver une situation de photographe. L'équipe doit être la plus petite possible ». |
Zeki Demirkubuz Zeki Demirkubuz s'apprête à tourner son 5e long métrage. Zeki refuse d'être considéré comme l'un des ambassadeurs du cinéma turc, aux côtés de son compatriote et ami Nuri Bilge Ceylan. « La différence entre nous tient à l'image : son style est plus naturel, plus spontané, le mien plus dramatique ». Ses deux derniers films « Le Destin » et « la Confession » (Itiraf) ont été présentés ensemble à Cannes en 2002 dans la section Un Certain regard. « A mes yeux, le cinéma est un problème moral. Mes films visent la compréhension des âmes ». Son prochain long métrage « Waiting Room » est l'histoire d'un cinéaste qui voudrait adapter à l'écran « Crime et Châtiment » de Dostoïevski. Un nouveau « film d'auteur » dont il en sera à la fois le scénariste, le chef opérateur et acteur principal, en assurera le montage chez lui devant son Macintosh. Une solitude choisie et extrémiste.

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